Les pièges de la pensée : Comment ne pas se faire prendre!

Certaines de nos pensées sont heureuses, mais beaucoup de ces pensées sont négatives et la raison se trouve dans l’évolution de notre espèce.

2020-08-25

Cela semblait pourtant comme une simple question posée à mon fils de 24 ans venu souper dimanche soir : « où est passé le Tupperware que tu m’as pris la semaine dernière? » S’en est suivi une histoire surprenante de leçons de vie sur la nature, la compassion et les pièges.

« Tu te souviens, je t’ai dit qu’on avait une souris », Shamus m’a répondu. Je m’en souvenais bien. La souris avait été le sujet des soupers du dimanche depuis plusieurs mois. Olaf, comme on en était à l’appeler, détalait dans l’appartement pour faire peur à Kate, la partenaire de Shamus, ou apparaissait pour les tournois de jeux les soirs de fins de semaine. J’ai appris qu’ils l’avaient appelé Olaf, un personnage du jeu League of Legends connu pour sa force de destruction imparable. Jusqu’à présent, la destruction d’Olaf comportait un fil de chargeur de téléphone, un craquelin Ritz et une clémentine à moitié mangée. Samedi, la tactique du leurre s’est mise en action. Le contenant Tupperware a été mis de façon à avoir un délicieux morceau de fromage et du beurre d’arachide à l’intérieur. Lorsqu’Olaf est venu chercher son butin, le contenant l’a enfermé. « C’était un piège, maman – il l’a pas vu venir, » Shamus me raconta. Et pour me rassurer : Olaf a ensuite fait une petite balade en voiture pendant cinq minutes pour être relâchés dans un champ plus près de meilleurs restaurants et de nouveaux amis.

L’histoire d’Olaf m’a fait penser à notre santé mentale et aux pièges que nous ne voyons pas venir. On estime que nous avons plus de 50 000 pensées séparées dans notre tête chaque jour. Certaines de nos pensées sont heureuses, mais beaucoup de ces pensées sont négatives et la raison se trouve dans l’évolution de notre espèce. Il y a des millions d’années, c’était un mécanisme de survie pour nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Nos ancêtres ont appris à chercher les expériences de danger/négatives pour qu’ils puissent anticiper les menaces. Cette anticipation des menaces, comme un tigre à dents de sabre, pour pouvoir prendre un peu d’avance avant qu’il ne s’approche trop près, était leur façon de survivre. Ceux qui ne voyaient pas la menace assez rapidement ne survivaient pas. C’était une stratégie brillante pour nos ancêtres, mais elle nous laisse une tendance à voir les choses sous une optique négative en notre période moderne. C’est peut-être le piège que nous ne voyons pas venir – notre monologue intérieur négatif et nos pièges de la pensée.

Un « piège de la pensée », c’est un terme utilisé pour décrire la façon dont nous donnons une mauvaise interprétation aux événements de notre vie. Cela nous arrive tous au moins une fois. Lorsque nous tombons dans un piège de la pensée, notre raisonnement logique se fait détourner. Notre adolescent a 15 minutes de retard et nous commençons tout de suite à penser qu’il a eu un accident. Nous remarquons que nous sommes dans la file d’attente la plus longue au magasin, et nous commençons tout de suite à penser que cela nous arrive tout le temps. Ces pièges de la pensée peuvent se regrouper en différentes thématiques pour nous aider à trouver quand ils se produisent. Voici quelques pièges de la pensée courants.

La lecture de pensée – Cela se produit lorsque nous prenons des raccourcis sur ce que les autres pensent sans avoir de preuve. Par exemple, votre chef vous croise dans le couloir sans vous dire bonjour. Vous commencez immédiatement à vous dire que votre chef vous déteste parce que vous êtes convaincue que vous savez ce que votre chef pense. Soudainement, vous vous convainquez que vous êtes la prochaine sur la liste des licenciements.

La généralisation – Penser qu’une situation négative fait partie d’un cycle constant de mauvaises choses. Les personnes qui généralisent utilisent souvent des mots comme « toujours » ou « jamais ». Dans votre esprit, c’est une répétition sans fin de défaites. Lorsque quelque chose se produit une ou deux fois, vous vous convainquez que ce sera toujours comme cela et que cela ne changera jamais. Par exemple, vous demandez un poste au bureau et ne l’obtenez pas. Vous commencez à vous dire que vous n’avancerez « jamais » dans votre carrière et que les choses seront « toujours » comme cela.

Les « devrais » – Vous avez une idée fixe de comment vous ou les autres « devriez » vous comportez, et vous surestimez à quel point la situation est mauvaise lorsque vos attentes ne sont pas satisfaites. Toute déviation de votre norme est mauvaise. Ainsi, vous pouvez vous juger et juger les autres durement. Par exemple, vous pensez qu’un bon employé ne doit jamais utiliser ses journées de maladie à moins de devoir voir le médecin. Vous vous levez un matin et prenez votre journée parce que vous sentez venir un rhume et avez très peu dormi. Vous continuez à vous rabaisser parce que vous avez pris une journée et que selon votre norme, un bon employé aurait dû aller travailler.

Le « tout ou rien » – Ne voir les choses qu’en noir et blanc, sans voir les nuances de gris. Dans votre esprit, les choses sont bonnes ou mauvaises, en noir ou blanc. Il n’y a pas de gris ni de milieu. Par exemple, vous faites un examen à l’école. L’examen avait 30 questions et il y en avait plusieurs dont vous ne connaissiez pas la réponse. Vous commencez à vous convaincre que vous avez raté l’examen et que vous raterez donc tout le cours. Dans votre esprit, vous pouvez obtenir un A+ ou rater. Il n’y a pas d’autres solutions.

Que pouvons-nous faire?

Que pouvons-donc nous faire pour ces pièges? La première étape pour surmonter ces pièges est de prendre conscience des messages négatifs que vous vous envoyez et de remettre en question leur validité. C’est un peu comme d’être un avocat doué à la recherche de faits. Demandez-vous : quelles preuves avons-nous? Dans l’exemple de lecture de pensée où votre chef ne vous dit pas bonjour, demandez-vous s’il pourrait y avoir d’autres raisons pour lesquelles il ne vous a pas dit bonjour. Peut-être qu’il ne vous a pas entendu ou peut-être qu’il était en profonde réflexion. Peut-être qu’il y a des raisons que vous ne connaissez pas.

Dans l’exemple de la généralisation où on pense « toujours » ou « jamais » après ne pas avoir eu l’emploi, est-il possible qu’il y avait un autre candidat qui était plus qualifié? Y aura-t-il d’autres possibilités d’avancement à l’avenir au travail?

Dans l’exemple sur les « devrais » lorsque vous prenez une journée de maladie, essayez de vous demander ce que ferait une personne raisonnable dans cette situation. Que vous dirait votre meilleur ami dans une situation semblable? Vous mettez-vous des attentes irréalistes pour vous?

Dans l’exemple sur le tout ou rien, où vous êtes convaincu que vous avez raté l’examen et le cours parce que vous n’avez pas su répondre à quelques questions, vous pourriez vous demander, qu’est-ce qui se passerait si j’avais un B au lieu d’un A+? Qu’est-ce qui se passerait si je ratais l’examen puisque j’ai déjà réussi tous les autres examens et devoirs? Est-il possible que j’ai mieux répondu à l’examen que je le pensais? Est-ce que j’accorde trop d’importance à cet examen?

La première étape est de remarquer la pensée négative quand elle survient, et la deuxième étape est de la remettre en question. Plus nous sommes conscients de ces pensées, plus il est facile de les remettre en question. Avec un peu de pratique, nos pensées négatives peuvent devenir plus positives et il y aura moins de possibilités de se faire prendre au piège comme Olaf!

 

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