La « pandémie fantôme». Une étude de cas sur l’application des connaissance

S’ajuster à la « nouvelle normalité » a entraîné l’utilisation généralisée des réseaux sociaux comme plate-forme efficace pour l’application des connaissances (AC).

2020-10-14

Il y a eu plusieurs initiatives qui se sont servi efficacement de l’AC depuis le début de la pandémie. L’une des causes remarquables qui ont efficacement utilisé les réseaux sociaux ainsi est celle qui a essayé d’intervenir pour le changement sur la violence domestique et son augmentation pendant la période de confinement. La COVID-19 a entraîné une augmentation exponentielle de la violence domestique autour du monde. Bien que la violence physique et émotionnelle accompagne souvent la violence domestique, il faut aussi prendre en compte comme facteur important la santé mentale des femmes victimes. Lorsqu’il s’agit de la santé mentale des victimes et survivantes de violence domestique, de nombreuses femmes connaissent un niveau de traumatisme associé au trouble de stress posttraumatique. Ces taux accrus de violence domestique dans le monde ont fait réfléchir les activistes et organisations comme ONU Femmes pour trouver des façons créatives d’appliquer les connaissances pour faire intervenir le public sur sa prévalence, et inspirer les personnes à se faire les agents du changement dans leurs propres sphères d’influence.

*Attention* (Cet article contient une description de différents détails sur la violence domestique)

Le pouvoir des méthodes d’AC dans les réseaux sociaux

Qu’on le veuille ou non, la pandémie de COVID a poussé beaucoup de nos vies à se faire sur Internet. Les réseaux sociaux sont devenus la plate-forme où nous socialisons, apprenons, travaillons et passons notre temps libre. Ainsi, de nombreuses personnes se sont rendues compte que le moyen le plus efficace d’atteindre les personnes pendant la pandémie se faisait par la plate-forme des réseaux sociaux. Parallèlement, les problèmes de santé mentale ont augmenté à un rythme sans précédent pendant la pandémie. D’aucuns disent que la combinaison du confinement en exiguïté avec son agresseur, de l’insécurité de l’emploi, du stress et de l’anxiété de devoir rester chez soi, de l’ennui, de la consommation de médicaments, de drogues ou d’alcool, convergent vers des taux plus élevés de violences du partenaire intime (Lewis, p.12). Lewis (2020) indique : « Demeurez chez vous, demeurez en sécurité. Et pourtant, l’ubiquité de la violence domestique veut dire que pour des millions de personnes, chez vous est tout sauf sécuritaire » (p. 12). De plus, il fait froid dans le dos de dire que la même prévalence du TSPT chez les anciens combattants se retrouve chez les femmes dans des relations avec violence domestique (Sheehy, p. 2). Non seulement cela, mais selon Judith Herman, « l’expérience traumatisante submerge et désorganise la psyché » (p. 21). La combinaison du TSPT allié au stress et à l’anxiété que l’on associe à des violences futures, à l’abus émotionnel et aux blessures potentielles aux enfants et aux proches laisse les victimes de violence domestique en état mental extrêmement vulnérable. Ainsi, le bien-être mental, physique et émotionnel des victimes de violence domestique a mené ONU Femmes à faire la différence dans le paysage de cet enjeu urgent à l’échelle mondiale. Voici comment l’organisation l’a fait :

1.         ONU Femmes a trouvé un problème urgent : les taux accrus de violence envers les femmes pendant la COVID.

2.         Après des évaluations rapides avec des parties prenantes (122 organisations de la société civile dans 5 régions de 49 pays), ONU Femmes a découvert la sensibilisation limitée aux services qui existent pour les femmes vulnérables et leurs défenseurs dans le monde entier.

3.         Ensuite, ONU Femmes a réfléchi à la création, à la fois du hashtag #ShadowPandemic, sa vidéo l’accompagnant (https://bit.ly/3kXDpmz) et plusieurs comptes-rendus stratégiques (« Violence à l’égard des femmes et des filles : collecte de données pendant la pandémie de COVID-19», « The COVID-19 shadow pandemic: Domestic violence in the world of work: A call to action for the private sector », « Prevention: Violence Against Women and Girls and COVID-19 ») pour transformer des connaissances dormantes et éparpillées sur l’accroissement des taux de violence domestique dans le monde en connaissances actives partagées avec différentes organisations gouvernementales et non-gouvernementales pour créer un changement.

Résultats

Grâce aux recommandations d’ONU femmes, de nombreux hôtels vacants ont été transformés en abris pour les femmes vulnérables victimes de violence domestique (https://time.com/5812990/france-domestic-violence-hotel-coronavirus/, https://www.dw.com/en/russia-hotels-shelter-victims-of-domestic-violence/av-53620451). Parallèlement, l’information partagée par ONU Femmes sur la pandémie fantôme a permis des interactions sur les réseaux sociaux sur la façon de soutenir efficacement les femmes qui sont vulnérables à des violences domestiques. À la fin, la campagne « #ShadowPandemic », ainsi que la vidéo de sensibilisation publique Shadow Pandemic, « soulignent une montée alarmante de la violence domestique pendant la COVID-19 et envoient un message vital invitant les personnes à agir pour soutenir les femmes qu’elles connaissent ou qu’elles suspectent être victimes de violence » (ONU).

Nous espérons que le taux de violence domestique se terminera drastiquement dans notre vie, mais il y a plusieurs façons pour nous de faire notre part pour diffuser de l’information sur la violence domestique dans nos réseaux et fournir les soutiens nécessaires aux femmes que nous connaissons et que nous rencontrons qui sont vulnérables à la violence domestique/conjugale.

Voici comment vous pouvez personnellement devenir un agent du changement dans la « pandémie fantôme » et diffuser les connaissances de ce domaine et ce qui peut être fait :

1.         Écoutez la vidéo « pandémie fantôme » (en anglais)  https://bit.ly/3kXDpmz et partagez-la avec vos réseaux

2.         Partagez certaines des ressources indiquées ci-dessous avec vos réseaux sociaux respectifs. Un article vu par une femme au bon moment a le potentiel de sauver une vie

Si une femme vous parle d’abus subséquents, ou si vous soupçonnez qu’une femme est abusée, redirigez-la à la liste de ressources ci-dessous et mettez-la en contact avec les agences et abris de Violence contre les femmes.

Ressources canadiennes pour les femmes vulnérables à la violence domestique

Si vous êtes une femme qui a peur pour sa sécurité ou connaissez une femme vulnérable à la violence domestique, vous trouverez ci-dessous des ressources pouvant vous soutenir. Si vous êtes un allié, n’hésitez pas à partager ces ressources avec vos réseaux respectifs :

Ressources pancanadiennes

Centre canadien pour l’autonomisation des femmes. « ACB » (African, Black, Caribbean) Women’s Virtual Support Group, https://ccfwe.org/join-women-support-group/

Commission de la santé mentale du Canada. « Vivre dans un cadre familial marqué par de la violence pendant la pandémie de COVID-19 » https://www.mentalhealthcommission.ca/Francais/media/4329

Alberta

Conseil d’Alberta des abris pour les femmes. https://acws.ca/

Ligne Info sur les violences familiales Alberta. endfamilyviolence.alberta.ca

Colombie-Britannique

Société de maisons de transition en Colombie-Britannique. https://bcsth.ca/

Manitoba

Association manitobaine des abris d’hébergement pour femmes. http://maws.mb.ca/

Nouvelle-Écosse

Association de maison de transition de Nouvelle-Écosse. http://thans.ca/

Ontario

Fem’aide. http://femaide.ca/

SOS Violence Conjugale. http://www.sosviolenceconjugale.ca/

Pas bien chez soi à Ottawa. « Service texto+clavardage ». https://pasbienottawa.ca

Ligne d’assistance pour les femmes violentées (en anglais). https://www.awhl.org/

Association d’Ontario de maisons d’intervalle et de transition (en anglais). http://www.oaith.ca/

Trouvez la liste complètes des ressources sur la Coalition d’Ottawa contre la violence faite aux femmes (COCVFF) ici :  https://www.octevaw-cocvff.ca/de-laide-pour-vous-ou-une-personne-qui-vous-inquite

Québec

Fédération des maisons d’hébergement pour femmes. http://fede.qc.ca/

Maison Unies Vers Femmes. http://maisonunies.ca/  

Maison Libere-Elles. https://maisonlibere-elles.ca/

Saskatchewan

Association provinciale de maisons de transition et services de Saskatchewan. https://pathssk.org/

Terre-Neuve et Labrador

Association de maison de transition de Terre-Neuve-et-Labrador. http://thanl.org/

 

Sources

Lewis, H. (2020). « The Shadow Pandemic. » The Atlantic https://www.theatlantic.com/international/archive/2020/08/are-refuges-only-solution-domestic-violence/614392/

Herman, J. (1992). Trauma and Recovery. New York; Basic Books.

ONU Femmes. (2020). « La pandémie fantôme : la violence contre les femmes pendant la COVID-19 »  https://www.unwomen.org/fr/news/in-focus/in-focus-gender-equality-in-covid-19-response/violence-against-women-during-covid-19   

ONU Femmes. (2020). « The Shadow Pandemic: Domestic violence in the wake of COVID-19. » https://bit.ly/3kXDpmz

ONU Femmes. (2020). « COVID-19 and Violence Against Women and Girls: Addressing the Shadow Pandemic Policy Brief No.17 » https://www.unwomen.org/-/media/headquarters/attachments/sections/library/publications/2020/policy-brief-covid-19-and-violence-against-women-and-girls-en.pdf?la=en&vs=408

https://www.unwomen.org/en/digital-library/publications/2020/06/brief-domestic-violence-in-the-world-of-work#view

ONU Femmes. (2020). « Prevention: Violence Against Women and Girls and COVID-19. » https://www.unwomen.org/en/digital-library/publications/2020/05/brief-prevention-violence-against-women-and-girls-and-covid-19

ONU Femmes. (2020). « Violence à l’égard des femmes et des filles : collecte de données pendant la pandémie de COVID-19. »  https://www.unwomen.org/fr/digital-library/publications/2020/04/issue-brief-violence-against-women-and-girls-data-collection-during-covid-19

Elizabeth Peprah est actuellement étudiante en doctorat de services humains et sociaux, avec une spécialisation en intervention communautaire et leadership à l’Université Walden. Elle détient une maîtrise en études sur les femmes et les genres de l’Université Carleton, où elle a fait des recherches sur le lien entre la santé mentale et le traumatisme résultant d’une agression sexuelle. Elizabeth a de plus découvert l’importance de services adéquats de santé mentale pour les femmes prises pour victimes lorsqu’elle a travaillé dans un programme résidentiel en cas de libération sous condition à la Société Elizabeth Fry d’Ottawa. Elle écrit des articles de blogue sur la violence de genre pour serwaaspeaks.com et est courtière en connaissances à la CSMC depuis janvier 2020.

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